Ce lundi 27 juillet 2026, à Kiriri Garden, se sont déroulées les cérémonies officielles de lancement du projet « Solar for Learning and Skills » (Energie solaire pour améliorer l’environnement d’apprentissage des élèves et offrir des parcours alternatifs aux adolescents). Fruit d’un partenariat stratégique entre le Gouvernement du Burundi et la République Populaire de Chine par le biais de l’UNICEF, cette initiative de 2 millions de dollars américains va transformer les infrastructures scolaires dans les provinces de Bujumbura et Gitega. L’événement a réuni de hautes personnalités, dont Son Excellence le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique (MENRS), Madame l’Ambassadrice de la République Populaire de Chine au Burundi, Madame la Représentante Résidente de l’UNICEF, les Hauts cadres au Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique ainsi que le Représentant du Ministère des Ressources Minières, Energétique, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme. Leurs allocutions ont mis en lumière une vision commune : faire de l’école burundaise un socle de développement durable, d’innovation et d’inclusion.
Dans la poursuite de cette vision et face à des défis structurels majeurs, où 94% des écoles ciblées ne sont pas raccordées au réseau électrique et où la surpopulation dans les classes reste une réalité, ce projet vient apporter une réponse ciblée. Lors de son discours de lancement, Son Excellence le Ministre a exprimé la profonde gratitude du Gouvernement envers la Chine et l’UNICEF, rappelant que cette initiative s’aligne parfaitement sur les réformes en cours visant à améliorer l’accès, la qualité et l’équité de l’enseignement. « Le Gouvernement du Burundi a placé le développement du capital humain au cœur de sa vision de développement. L’éducation constitue en effet le socle sur lequel reposent tous les autres secteurs. En investissant aujourd’hui dans l’énergie solaire, les compétences numériques et l’accès à l’eau potable, nous investissons avant tout dans l’avenir du Burundi pour l’atteinte de la vision d’un pays Emergent en 2040 et développé en 2060, » a-t-il déclaré.
Cet investissement d’envergure, financé par le Fonds de développement mondial et de coopération Sud-Sud, témoigne d’ailleurs de la vitalité des relations sino-burundaises. Prenant la parole, Madame l’Ambassadrice de Chine a réaffirmé la volonté de son pays de partager son expertise mondiale en matière d’énergies renouvelables et de technologies. « La République populaire de Chine est fière d’accompagner le Burundi vers sa vision d’émergence. A travers ce projet, nous n’apportons pas seulement des panneaux solaires, nous apportons la lumière de la connaissance et de l’innovation technologique à des milliers de jeunes. La Chine restera un partenaire indéfectible pour moderniser le système éducatif burundais, » a-t-elle souligné.
Joignant l’acte à la parole, la diplomate a officiellement remis à Son Excellence le Ministre un don exceptionnel composé d’un écran géant interactif de dernière génération, destiné à renforcer les capacités de communication et de visioconférence du Ministère. Preuve supplémentaire de ce pragmatisme, l’Ambassade a également accordé à l’UNICEF un don additionnel de 40 000 USD exclusivement destiné à la fabrication de près de 450 bancs-pupitres, soutenant ainsi directement la campagne nationale « Zéro enfant mal assis ».
Du côté de l’UNICEF, responsable de la coordination et de la mise en œuvre, cet appui matériel et technique s’inscrit dans une démarche globale où l’énergie solaire n’est pas qu’une simple solution technique, mais un véritable tremplin vers l’autonomisation. Madame la Représentante Résidente a ainsi souligné l’importance d’une approche holistique combinant éducation, santé (WASH) et formation professionnelle. Selon elle, l’énergie solaire représente une solution durable qui contribue aux objectifs de résilience climatique. En dotant les établissements de ces solutions écologiques, le projet crée des environnements d’apprentissage mieux adaptés aux exigences du 21ème siècle, tout en portant l’ambition plus large de doter les adolescents non scolarisés de compétences pour réussir leur insertion socio-économique.
Pour matérialiser ces ambitions sur le terrain au cours des 24 prochains mois, le projet ciblera 10 écoles fondamentales publiques dans 9 communes mal desservies de Bujumbura et Gitega, touchant au total 34 300 personnes, dont 9 300 bénéficiaires directs. Concrètement, il est prévu l’installation de systèmes d’énergie solaire pour éclairer les classes et alimenter de nouveaux Centres de ressources informatiques. A cela s’ajouteront la fourniture de 2 250 bancs-pupitres pour équiper 50 salles de classe, l’installation de systèmes d’eau potable solaires, la réhabilitation de latrines séparées pour filles et garçons, ainsi que la création de « Clubs verts ». Le volet autonomisation permettra en outre de former 1 750 adolescents non scolarisés aux filières STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques), à l’entrepreneuriat via l’approche UPSHIFT et aux métiers liés à l’énergie solaire.
Il convient enfin de noter que le choix de ces zones d’intervention permet des synergies stratégiques majeures. A Gitega, les actions viendront compléter les acquis du projet Twige Twese financé par l’Union européenne, garantissant ainsi une couverture optimale sans chevauchement. La réussite de ce vaste chantier sera assurée par l’appui technique des ministères de tutelle (MENRS, MINHEM) et de deux ONG nationales (FIADI et PEAB).
Clôturant la cérémonie sur une note de responsabilité partagée, le Ministre a lancé un appel vibrant aux comités de gestion scolaire et aux communautés locales pour qu’ils s’approprient de ces nouvelles infrastructures, rappelant que « préserver ces investissements, c’est investir durablement dans l’avenir de nos enfants. »
