Le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique (MENRS), Professeur François Havyarimana, a dressé ce jeudi un bilan exhaustif des réalisations du ministère pour l’année budgétaire 2025-2026, tout en dévoilant les grandes ambitions pour l’exercice 2026-2027. Au terme d’une descente d’évaluation dans quatre provinces du pays, le constat dressé par le Ministre est clair : des avancées majeures ont été enregistrées en matière d’infrastructures, de gouvernance, d’assurance qualité et d’innovation.
Ces réalisations s’articulent autour de deux piliers centraux : développer un système éducatif répondant aux normes internationales et mettre la recherche au service du développement socio-économique du Burundi.
- Gouvernance et ressources humaines : Le mérite récompensé
Pour pallier le déficit d’enseignants, le Ministre a souligné l’effort sans précédent consenti par le Gouvernement. Alors que les recrutements annuels ne dépassaient pas 700 unités par le passé, 1 964 enseignants ont été recrutés et affectés cette année, strictement sur la base du mérite via un concours national de recrutement. Cette approche transparente a permis d’éradiquer les lamentations liées aux remplacements. Le Professeur François Havyarimana a par ailleurs fermement mis en garde les Chefs de Départements Communaux de l’Education contre toute entrave à cette bonne pratique.
Pour soutenir ces réformes, de vastes campagnes de renforcement des capacités ont touché plus de 15 000 professionnels de l’éducation (enseignants de 6ème, directeurs d’écoles, formateurs techniques et enseignants bénévoles).
- Infrastructures et campagne « Zéro enfant mal assis »
La qualité des apprentissages passe par des infrastructures adéquates. Le bilan matériel présenté par le Ministre est impressionnant : 207 salles de classe construites et équipées ; 99 écoles électrifiées via le projet Twige neza (GPE) ; 44 993 bancs-pupitres déjà fabriqués et distribués dans le cadre de la campagne « Zéro enfant mal assis », soutenue par un budget gouvernemental de 18 milliards de BIF, ainsi que par les communes et les partenaires. Une évaluation finale est prévue pour le 15 août 2026.
Le Ministre a également mis un accent particulier sur les écoles à internat. Deux nouveaux établissements ont ouvert leurs portes (Lycée Al Maktoum de Rumonge et LT Melchior Ndadaye de Nyabihanga), permettant d’augmenter la capacité d’accueil de 5 000 élèves internes. Des investissements massifs en literie et en infrastructures (dortoirs, réfectoires) sont en cours.
- Orientation en 7ème année : Mise au point importante
Le Ministre a tenu à démentir formellement les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant le retour du concours national de la 6ème année. Toutefois, une innovation majeure est introduite : le concours d’entrée aux Ecoles d’excellence servira désormais de double filtre.
Les lauréats ayant les meilleures notes intégreront la 7ème année des Ecoles d’excellence, tandis que les suivants (selon les places disponibles) seront orientés vers les écoles publiques à internat et les écoles publiques de la Mairie de Bujumbura. Conformément à la politique de gratuité, ces élèves seront exemptés de minerval à l’internat public et ne paieront que les frais de logement et de restauration. Le Ministre encourage par ailleurs les promoteurs privés à investir dans la construction d’internats face à la forte demande des parents.
- Enseignement supérieur : La rigueur au service de la qualité
Dans le souci de garantir des diplômes crédibles, le MENRS a procédé à l’évaluation institutionnelle des universités. A l’issue de cet audit, le Ministre a annoncé une mesure forte : six (6) institutions d’enseignement supérieur ayant obtenu une note inférieure à 50% ont été suspendues de recrutement pour la première année de l’année académique prochaine. Elles disposent d’un an pour se conformer aux normes, sous peine de sanctions plus lourdes. Il s’agit de : INITELEMATIQUE, ISEG, ISTG, LUC (Livingstone University College), INSM (Institut Supérieur Nelson Mandela), ISEBU.
Dans le domaine de la recherche et de l’innovation, l’Université du Burundi et l’ENS ont conduit plus de 15 projets, tandis qu’un lexique géologique Français-Kirundi a été édité.
Fait marquant de l’autofinancement : le Centre RUSI a cultivé avec succès 30 hectares de piment d’exportation et le client est déjà disponible.
- Des perspectives ambitieuses pour 2026-2027
Fort de ces acquis, le Professeur François Havyarimana a annoncé que son ministère ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Pour le prochain exercice budgétaire, il est notamment prévu : le recrutement de 5 000 enseignants pour réduire considérablement le recours aux enseignants bénévoles, la restauration de 4 000 étudiants logés dans les campus de l’Université du Burundi (UB), la construction de nouveaux campus pour l’UB à Musenyi (Butanyerera) et Makamba (Burunga), ainsi que de nouvelles salles à l’ENS et au campus Kiriri, la transformation et l’équipement de plusieurs centres de formation professionnelle (Cibitoke, Rumonge, Bisinde) et l’ouverture de l’Ecole des Travaux Publics de Ruhororo, l’alimentation en eau potable (forages) et l’installation de biogaz dans 5 écoles à internat.
Des projets de recherche novateurs (insecticide à base de plantes locales par l’UB, valorisation de l’argile par l’ENS) et l’élaboration d’un lexique médical Français-Kirundi seront réalisés.En clôturant ce point de presse, le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche scientifique a souhaité d’excellentes vacances aux élèves, tout en appelant les parents et les responsables administratifs à encadrer la jeunesse à travers des activités de développement communautaire et familial.




