Forum régional sur le renforcement de la culture de la paix en Afrique centrale et dans la région des grands lacs

A Bujumbura, la culture de la paix au cœur d’une dynamique régionale pour une stabilité durable

Bujumbura, 10 septembre 2026 – La capitale économique du Burundi a accueilli, du 8 au 10 septembre 2026, au Donatus Conference Centre, le Forum régional sur le renforcement de la culture de la paix en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs.

Organisée conjointement par le Gouvernement du Burundi, l’UNESCO et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), cette rencontre de haut niveau a réuni des décideurs politiques, des représentants d’organisations régionales et internationales, des diplomates, des chercheurs, des experts, des représentants de la société civile, ainsi qu’une importante participation des femmes et des jeunes.

Durant trois jours, les participants ont échangé sur les défis liés à la paix, à la sécurité, à la cohésion sociale et au développement dans une sous-région marquée par une histoire complexe de conflits, de tensions et de crises transfrontalières.

Une approche régionale pour construire une paix durable

L’un des principaux enseignements du Forum est que la construction d’une paix durable ne peut se limiter à la gestion des crises lorsqu’elles surviennent. Elle exige une action préventive, collective et structurée, fondée notamment sur l’éducation, le dialogue, la justice, la coopération, la culture, la solidarité et la participation citoyenne.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité d’agir sur les causes profondes des conflits, tout en renforçant les mécanismes régionaux de prévention, de médiation et de gestion des crises.

  Dans cette perspective, le représentant de la CEEAC au Burundi a notamment mis en évidence l’importance d’institutions régionales solides et de mécanismes tels que le COPAX et le MARAC, qui contribuent au renforcement des capacités régionales en matière de prévention et de gestion des conflits et des crises.

Les échanges ont également porté sur les enjeux liés à l’environnement et aux ressources naturelles. L’UNESCO a notamment souligné l’apport des sciences et de la coopération scientifique dans la prévention des tensions, à travers notamment l’hydrodiplomatie, qui vise à faire de la gestion partagée des ressources en eau un facteur de coopération plutôt qu’une source de confrontation.

 

Quatre leviers au service de la culture de la paix

Les travaux du Forum ont mis en évidence plusieurs leviers essentiels pour consolider la culture de la paix dans la sous-région.

Il s’agit notamment de :

  • l’éducation à la citoyenneté et à la paix, comme moyen de développer chez les jeunes les valeurs de tolérance, de dialogue, de respect des différences et de responsabilité citoyenne ;
  • l’hydrodiplomatie et les sciences, afin de favoriser la coopération autour des ressources naturelles et des défis environnementaux communs ;
  • la valorisation de la culture et des mécanismes traditionnels de médiation, en s’appuyant sur les pratiques locales susceptibles de contribuer à la prévention et au règlement pacifique des différends ;
  • l’information et les médias, avec une attention particulière portée à la lutte contre la désinformation, les discours de haine et les contenus susceptibles d’alimenter les divisions sociales.

Ces différents leviers montrent que la culture de la paix doit être envisagée comme une démarche globale, impliquant aussi bien les institutions que les communautés et les citoyens.

Les femmes et les jeunes, acteurs à part entière de la paix

La participation des femmes et des jeunes a occupé une place importante dans les échanges.

   Le Forum a réaffirmé que ces catégories ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques de paix et de développement. Elles doivent également être reconnues comme des acteurs, des bâtisseurs et des moteurs de la paix.

Dans une région où la population est majoritairement jeune, leur implication dans les processus de dialogue, de prévention des conflits, de cohésion sociale et de développement constitue un enjeu majeur.

Les participants ont ainsi appelé à renforcer les mécanismes permettant aux femmes et aux jeunes de prendre part aux processus de décision et aux initiatives locales, nationales et régionales en faveur de la paix.

L’éducation, un investissement stratégique pour la paix

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Gouvernement du Burundi et représentant le Chef de l’État, Prof. François HAVYARIMANA, Ministre de l’Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique, a réaffirmé l’engagement du Burundi en faveur de la paix et de la stabilité dans la sous-région.

Dans son intervention, le Ministre a rappelé que la paix ne saurait être réduite à la seule absence de conflits armés. Elle doit également reposer sur la justice, la transparence, le partage, la dignité humaine, la cohésion sociale et la participation de tous.

« La paix que nous voulons construire ne se limite pas au silence des armes. Elle repose sur la justice, la transparence, le partage et la dignité retrouvée pour chaque citoyen de notre sous-région. On la bâtit, on la cultive et on l’entretient chaque jour, comme l’agriculteur soigne son champ. »

Le Ministre a également insisté sur le lien étroit entre paix, sécurité et développement, soulignant qu’une paix durable doit permettre aux populations de vivre dans la dignité, d’accéder aux services sociaux essentiels et de bénéficier d’un environnement favorable à leur épanouissement.

Dans cette perspective, le choix de placer l’éducation et la recherche au cœur de la réflexion sur la culture de la paix traduit la conviction que l’école constitue un espace privilégié de construction de la citoyenneté et de prévention des conflits.

L’école ne transmet pas seulement des connaissances. Elle contribue également à former des citoyens capables de dialoguer, de respecter les différences, de développer leur esprit critique, de connaître leur histoire et d’assumer leurs responsabilités au sein de la communauté.

L’éducation à la paix doit donc commencer dès l’école et se poursuivre tout au long de la vie. Elle doit favoriser le respect des droits humains, la citoyenneté responsable, la tolérance et la capacité à résoudre les différends par des moyens pacifiques.

De la gestion des crises à la prévention des conflits

Pendant les trois jours de travaux, les participants ont cherché à dépasser une approche essentiellement centrée sur la gestion des crises pour accorder une attention accrue à leurs causes profondes.

Les différents panels ont notamment examiné les dynamiques de conflits et les défis sécuritaires, sociaux, humanitaires et environnementaux qui affectent plusieurs espaces de la sous-région, notamment la région du lac Tchad, le Bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Les discussions ont fait ressortir la nécessité d’une approche régionale, fondée sur la coopération entre les États et les différents acteurs concernés.

La paix, comme l’ont souligné les intervenants, ne peut être durable si elle ne s’accompagne pas de cohésion sociale, de dignité, d’inclusion, de dialogue et de coopération entre les communautés et les États.

Une feuille de route régionale à l’horizon 2030

Le Forum de Bujumbura a surtout voulu aller au-delà des déclarations de principe.

Les travaux doivent contribuer à l’élaboration d’une feuille de route régionale pour la promotion de la culture de la paix à l’horizon 2030, ainsi qu’à l’identification des territoires prioritaires et des initiatives susceptibles d’être mises en œuvre dans différents secteurs.

La prochaine étape consistera notamment à élaborer et assurer le suivi de la matrice des engagements et de la matrice des recommandations issues des travaux du Forum.

L’objectif est de veiller à ce que les conclusions de la rencontre soient traduites en actions concrètes dans les familles, les communautés, les établissements scolaires et universitaires, les médias et les différents espaces de dialogue.

La mise en œuvre de cette feuille de route devra mobiliser les États, les organisations régionales et internationales, les partenaires techniques et financiers, la société civile, les chercheurs, les médias, les femmes et les jeunes.

Un mécanisme de suivi régulier permettra de mesurer les progrès accomplis, d’identifier les difficultés rencontrées et d’ajuster les interventions en fonction des réalités du terrain.

Le Burundi réaffirme son engagement régional

En accueillant ce Forum, le Burundi a réaffirmé sa volonté de contribuer aux efforts visant à faire de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs un espace de paix, de stabilité, de coopération et de développement durable.

Le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique a rappelé, à cet égard, que l’expérience du Burundi en matière de construction de la paix constitue une expérience à partager avec les autres pays de la sous-région.

Le Burundi entend poursuivre son chemin vers la stabilité et le développement, conformément à la vision nationale « Burundi, Pays émergent en 2040, Pays développé en 2060 ». Dans cette perspective, la paix et le développement apparaissent comme deux dimensions étroitement liées : le développement durable nécessite un environnement pacifique, tandis que la paix durable doit s’appuyer sur des conditions favorables au développement humain et social.

Une responsabilité collective et permanente

Dans son discours de clôture, le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a exprimé les sincères remerciements du Gouvernement du Burundi à l’UNESCO et à la CEEAC pour leur engagement dans l’organisation et la réussite du Forum.

Il a également salué les contributions des délégations participantes, des experts, des organisations régionales et internationales, des représentants de la société civile, des femmes et des jeunes, ainsi que l’engagement des équipes techniques et organisationnelles.

Une reconnaissance particulière a été adressée aux médias, dont le rôle est essentiel dans la promotion d’une information responsable, vérifiée et favorable à la cohésion sociale.

Au terme des trois jours de travaux, un message s’est imposé : la paix durable est une responsabilité collective et permanente. Elle ne se construit pas uniquement dans les salles de conférence. Elle se construit également dans les familles, les communautés, les écoles, les universités, les médias et dans tous les espaces où les citoyens se rencontrent, dialoguent et prennent des décisions qui influencent leur avenir commun.

Le Forum de Bujumbura aura ainsi permis de transformer la réflexion sur la culture de la paix en une dynamique régionale articulée autour de l’action, de la coopération et du suivi des engagements.

Un rendez-vous appelé à produire des effets durables

Les conclusions du Forum devraient également contribuer aux prochaines initiatives continentales consacrées à la culture de la paix, notamment dans le cadre de la Biennale de Luanda sur la culture de la paix.

Au-delà de cette rencontre, l’enjeu est désormais de maintenir la dynamique engagée à Bujumbura et de faire vivre les engagements pris.

La construction de la paix est un processus de longue haleine. Elle exige de la volonté politique, des institutions solides, une participation citoyenne active et, surtout, une éducation capable de préparer les générations présentes et futures à vivre ensemble dans le respect, la tolérance et la solidarité.

En accueillant ce Forum régional, Bujumbura aura ainsi été, pendant trois jours, un espace de dialogue et de réflexion sur l’avenir de la paix en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs.

Le message porté depuis Bujumbura est clair : la paix durable ne se décrète pas. Elle se construit, se cultive et se transmet.

 

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