Atelier de restitution des résultats d’évaluation institutionnelle de l’assurance qualité dans les Institutions d’Enseignement Supérieur au Burundi.

En date du 04 mai 2026, à l’Université Chrétienne de Bujumbura, le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique,  à travers la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur, a organisé un atelier de restitution des résultats issus de l’Evaluation Institutionnelle de l’assurance qualité dans les établissements d’enseignement supérieur en activité au Burundi et ayant déjà délivré des diplômes à au moins une promotion.

Dans son allocution, le  Professeur émérite Anastasie GASOGO, Présidente de la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur et en même temps Présidente  de l’équipe de pilotage de l’activité a fait savoir que dans le contexte actuel marqué par la compétitivité des savoirs, l’innovation scientifique et les exigences croissantes du marché du travail, la question de la qualité de l’enseignement supérieur constitue une priorité incontournable. Raison pour laquelle, le Burundi s’est résolument engagé dans une dynamique de réforme visant à garantir des formations pertinentes, inclusives et alignées sur les standards régionaux et internationaux. La présidente a également précisé que le processus d’évaluation institutionnelle ne doit pas être perçu comme un simple exercice de conformité, mais plutôt comme un outil stratégique au service de l’amélioration continue, de la transparence et de la recevabilité des Institutions d’Enseignement Supérieur.

Elle a ajouté que l’assurance qualité repose sur les principes fondamentaux récurrents, notamment l’auto-évaluation, l’évaluation externe ainsi que le suivi des recommandations.  Selon elle, l’évaluation vise à identifier les forces à consolider, les faiblesses à corriger ainsi que les opportunités à saisir afin de mieux répondre aux attentes des étudiants, des enseignants et de la société dans son ensemble. Elle a également rappelé    aux responsables des Institutions d’Enseignement Supérieur que le processus d’évaluation institutionnelle s’est appuyé sur une méthodologie rigoureuse, participative et transparente. Elle a précisé que divers acteurs ont été mobilisés à cette fin, notamment  des équipes dirigeantes des institutions, les enseignants, les étudiants ainsi que les experts évaluateurs.

Les résultats présentés  constituent  une photographie fidèle de l’état actuel des  institutions en matière d’assurance qualité. Ils mettent en lumière des avancées notables, mais également des défis importants qui nécessitent des actions concertées et soutenues de la part de l’ensemble des parties prenantes. La présidente a souligné que l’évaluation représente une étape clé dans un processus continu d’amélioration. A cet effet, elle a indiqué  que les recommandations issues de cette évaluation doivent servir de feuille de route pour le renforcement de la gouvernance institutionnelle, l’amélioration des conditions d’enseignements et d’apprentissage ainsi que la promotion d’une culture de qualité durable.

Dans son discours de circonstance, Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, Prof. François HAVYARIMANA, a  d’abord rendu grâce à Dieu Tout-Puissant pour avoir permis la réalisation l’évaluation des Institutions d’Enseignement Supérieur dans un climat de sérénité. Le Ministre a souligné que l’ambition du Ministère, à travers ce processus d’évaluation, ne se limitait pas à  un simple exercice technique. Il s’agissait d’affirmer clairement que le temps de la complaisance est révolu et que l’exigence de la qualité constitue  une pierre angulaire du  développement de l’enseignement supérieur. Cette démarche vise à instaurer une nouvelle culture de gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et la performance, en parfaite cohérence avec la vision d’un Burundi émergent à l’horizon 2040 et développé en 2060.

Dans cette perspective, trente-neuf établissements d’enseignement supérieur publics et privés ont été évaluées sur base d’un référentiel national rigoureux, articulé autour des fonctions essentielles d’une université moderne, notamment la gouvernance, la formation, la recherche, les ressources humaines, les infrastructures, les ressources financières ainsi que la gestion de l’information.

Le processus d’évaluation a mobilisé des experts qualifiés et a combiné des mécanismes d’autoévaluation et d’évaluation externe, garantissant ainsi l’objectivité, la crédibilité et la légitimité des résultats présentés aux institutions concernées. Selon le Ministre, ces résultats   placent collectivement les établissements devant leurs  responsabilités collectives en matière d’amélioration continue de la qualité de l’enseignement supérieur.

Poursuivant son discours, le  Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique  a souligné que d’une part, des avancées significatives qui traduisent les efforts consentis par les institutions, notamment en matière de respect du cadre légal, de structuration progressive de la gouvernance et de diversification des offres de formation s’observent. Ces acquis méritent d’être salués et consolidés.

D’autre part, les résultats mettent également en évidence, des fragilités structurelles qui ne peuvent plus être ignorées si les établissements  veulent  réellement promouvoir un enseignement supérieur de qualité. Parmi les principaux défis identifiés, figurent la faiblesse de la recherche scientifique, l’ insuffisance du personnel enseignant permanent   qualifié, le déficit en infrastructures et en équipements, les lacunes des systèmes d’information ainsi que la faible institutionnalisation des mécanismes internes d’assurance qualité.

S’appuyant sur les résultats issus de l’évaluation,  le ministre  a interpelé aux responsables des IES  que la classification des établissements selon leur niveau de conformité  ne constitue nullement une sanction arbitraire. Elle représente plutôt un instrument stratégique de régulation, un outil de pilotage des politiques publiques et un levier d’amélioration continue. Cette classification consacre le mérite là où l’excellence est démontrée, tout en appelant à la mise en œuvre des mesures correctives là où des insuffisances sont constatées.

Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’opposer les établissements, mais plutôt d’élever l’ensemble du système d’enseignement supérieur vers des standards plus élevés, au bénéfice de notre pays tout entier. Il a, en outre, ajouté qu’aucune institution ne sera abandonnée, mais qu’aucune ne sera non plus soustraite aux exigences de l’assurance  qualité. A cet effet, L’Etat jouera pleinement son rôle d’accompagnateur et de régulateur.

Le Ministre  a également indiqué que  cette évaluation marque une rupture méthodologique et stratégique. Elle inaugure une nouvelle ère dans laquelle la performance des Institution d’Enseignement Supérieur sera mesurée, suivie et valorisée sur la base de critères objectifs et transparents. Elle consacre également  un changement de paradigme: l’enseignement supérieur n’est plus uniquement un espace de transmission des savoirs, mais également un moteur de transformation économique et sociale, un incubateur d’innovation et un catalyseur de développement durable.

En définitive, l’évaluation constitue une reforme structurante majeure du système d’enseignement supérieur. Elle  traduit une volonté politique claire : faire de la qualité un principe non négociable et un moteur de transformation nationale. Pour ce faire, le Ministre a précisé qu’il ne s’agit pas d’ une finalité en soi , mais plutôt d’un point de départ, d’une boussole  destinée à orienter les  politiques publiques ainsi que d’un contrat moral entre l’Etat, les institutions et la Nation.

A cette occasion, le ministre a félicité les Institutions d’Enseignement Supérieur qui ayant démontré leur performance à travers les résultats  obtenus. Il a également invité les établissements ayant enregistré  des résultats insuffisants et qui sont soumises malheureusement au gel de recrutement de nouveaux étudiants, de s’amender pour accéder à une autorisation de les recruter l’année académique prochaine. Le Ministre leur réaffirmé  l’accompagnement du ministère, conscient que leurs initiatives visaient principalement à   contribuer   à la formation de la jeunesse burundaise.

Pour clore son allocution, le Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a invité les administrations communales et provinciales à veiller systématiquement à ce que toute nouvelle institution d’enseignement supérieur  souhaitant s’installer sur leur territoire dispose préalablement d’une autorisation délivrée par le Ministère en charge de l’enseignement supérieur dans ces attributions. Il a précisé   que cette exigence demeure valable pour tout établissement d’enseignement et de formation, quel que soit le niveau ;   de la maternelle à l’Université. Il a exhorté, enfin, les étudiants à faire preuve de vigilance afin d’éviter toute inscription dans des établissements non autorisée.

A la suite du discours du Ministre, le Secrétaire Exécutif Permanent de la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur, Prof. Léonidas  NDAYIZEYE,  a procédé à la   séance  de restitution  des résultats  issus de l’évaluation des Institutions d’Enseignement Supérieur, conformément à la classification des établissements publiques et privés.

A  l’issue de l’évaluation, l’Ecole Normale Supérieure  s’est classée en tête des Institutions d’Enseignement Supérieur publiques avec un taux de 89.28 % tandis que l’Université de Ngozi   a occupé la première place parmi les Institutions d’Enseignement Supérieur privées avec un taux de 95.25 %

 

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