Le ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique via le Bureau de l’Education Inclusive en partenariat avec l’UNICEF et à travers le projet PAQABU, a organisé du 22 au 23 Octobre 2026 à Bujumbura, à l’Hôtel Reine de la Confiance ; un atelier de validation du guide de formation des enseignants sur le repérage précoce des difficultés fonctionnelles ; identification et la prise en charge des enfants à besoins spéciaux.
Cet atelier a vu la participation des hauts cadres et cadres du Ministère, les représentants de l’UNICEF, les représentants des écoles inclusives pilotes, les représentants des associations des personnes handicapées.
Dans son discours d’ouverture, le Responsable d’Action Promotion de l’Education Inclusive ; Madame Anitha NGENDAKUMANA, a indiqué que l’éducation constitue un droit fondamental de tout enfant et un levier essentiel du développement humain et social. Cependant, dans la pratique, certains enfants rencontrent des difficultés qui peuvent entraver leur apprentissage, leur participation aux activités scolaires et leur intégration dans la communauté éducative. Elle a fait savoir que malgré l’amélioration remarquable, des barrières d’accès à l’éducation pour les enfants vivants avec handicap persistent déjà entre autres : des limitations fonctionnelles, des troubles du développement, des difficultés de communications, de mobilité, de vision ou de l’audition ainsi que d’autres facteurs personnels, pédagogiques ou environnementaux susceptibles de compromettre les apprentissages.
Madame le Responsable d’Action a suggéré que pour faire face à cette réalité, il est indispensable que les enseignants disposent des connaissances, des compétences et des outils nécessaires pour observer les signes précurseurs de difficultés, repérer les besoins particuliers des enfants et mettre en place des réponses pédagogiques adaptées. Ce repérage précoce constitue une étape déterminante pour prévenir l’aggravation des difficultés, favoriser les interventions appropriées et réduire les risques d’échec scolaire ; de stigmatisation et d’abandon scolaire. Elle a continué ses propos tout en rappelant que le rôle de l’enseignant n’est pas de poser un diagnostic médical mais plutôt d’observer, repérer les difficultés et documenter les besoins constatés, adapter les pratiques pédagogiques et, alors que cela s’avère nécessaire, orienter l’enfant vers les services compétents, en collaboration avec les parents et les autres acteurs concernés afin de garantir un accompagnement cohérent et adapté à chaque enfant.
Madame Anitha NGENDAKUMANA a indiqué que cet atelier a été organisé dans le but d’examiner attentivement le contenu du guide, d’en apprécier la qualité et la pertinence pédagogique, de vérifier son adéquation avec réalités auxquelles les enseignants sont confrontées et de formuler des observations et des recommandations constructives en vue de son amélioration. Ce guide se veut un outil pratique destiné à renforcer les capacités des enseignants afin de mieux comprendre les différentes formes de difficultés rencontrées par les enfants, de reconnaitre les signes qui méritent une attention particulière, adopter des attitudes respectueuses et non discriminatoires, et de proposer des adaptations favorisant la participation et la réussite de tous les apprenants.
Cet atelier de deux jours a été consacré à l’amendement, à l’enrichissement et à la restitution du contenu de deux modules de formation, à savoir :
- Le Guide national de référence
Ce guide définit les orientations politiques, le cadre conceptuel, l’ancrage normatif, le système de prise de décision ainsi que l’architecture du circuit de référencement. Il établit une correspondance entre les différents domaines fonctionnels observables par l’enseignant et les filières de réadaptation médicale, paramédicale et psychosociale appropriées, conformément au dispositif national en vigueur au Burundi.
- Le Guide de formation des enseignants
Ce document constitue un outil pédagogique opérationnel destiné à préciser les modalités pratiques de mise en œuvre des orientations préconisées. Il apporte aux formateurs, aux directeurs d’établissement et aux enseignants des repères méthodologiques leur permettant d’identifier les difficultés rencontrées par les apprenants et d’adopter des approches pédagogiques adaptées, en vue de favoriser leur participation et leur réussite scolaires.
Afin de favoriser le partage des connaissances et la mise en commun des expériences, les participants ont été répartis en groupes de travail, chacun étant chargé d’examiner un thème spécifique. Les réflexions se sont principalement appuyées sur la maîtrise des douze domaines fonctionnels, notamment la vision, l’audition, la motricité, la mobilité, la communication ainsi que les autres domaines susceptibles de révéler des besoins spécifiques chez les apprenants.
Les travaux de groupe ont consisté à proposer des réponses appropriées, des reformulations et des termes synonymes pour les expressions et notions soumises à l’analyse. À l’issue de chaque session, une séance de restitution a permis à chaque groupe de présenter ses propositions, lesquelles ont ensuite été examinées, discutées et harmonisées par l’ensemble des participants.
Les échanges ont également porté sur les attitudes et les comportements que devraient adopter les enseignants, les directeurs d’établissement et les autres acteurs concernés lorsqu’un apprenant présente des signes susceptibles de révéler un handicap, qu’il soit physique, sensoriel, intellectuel ou psychosocial. À cet égard, il a été souligné qu’il incombe à l’enseignant d’assurer un suivi régulier de l’apprenant concerné, de consigner les observations pertinentes et de relever les éventuelles évolutions constatées, afin de faciliter son accompagnement et son orientation vers les services compétents.
Par ailleurs, les participants ont examiné les situations dans lesquelles les difficultés rencontrées par un apprenant pourraient compromettre la poursuite de sa scolarité dans les conditions ordinaires. Il a été rappelé que toute décision relative à son orientation ou à la poursuite de son parcours scolaire doit reposer sur une évaluation approfondie et pluridisciplinaire, menée en concertation avec les responsables éducatifs, les professionnels de santé, les spécialistes de la réadaptation et les psychologues. Une telle démarche vise à garantir que les décisions prises tiennent compte des besoins spécifiques de l’enfant, de ses capacités et de son intérêt supérieur.
Au terme des travaux d’amendement, d’analyse et d’harmonisation, les deux guides de formation des enseignants ont été validés. Ils constituent une avancée significative dans le renforcement des capacités des acteurs éducatifs et contribueront à la consolidation d’un système éducatif véritablement inclusif, équitable et performant, garantissant à tous les enfants burundais des possibilités d’apprentissage adaptées à leurs besoins.
En guise de clôture de l’atelier, le Responsable d’Action Promotion de l’Education Inclusive a adressé ses remerciements à l’ensemble des participants pour leur engagement, leur contribution et la qualité des échanges. Elle a, en outre, exprimé le souhait que les deux modules de formation soient intégrés dans les curricula de formation initiale des enseignants au sein des instituts de formation initiale, afin d’assurer leur appropriation durable et leur mise en œuvre effective dans les établissements scolaires.


