Rapport d’un atelier de restitution des résultats de l’évaluation de la qualité des manuels scolaires au Burundi dans le cadre du Projet Ressources Educatives

Le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a organisé en dates du 11 au 12 avril 2023, un atelier de restitution des résultats de l’évaluation de la qualité des manuels scolaires au Burundi à travers le Projet « Ressources Educatives » financé par l’Agence Française de Développement et par l’Institut Français. Sa mise en œuvre a été confiée à l’UNESCO. L’évaluation indépendante de la qualité des manuels scolaires est une des activités majeures conduites par le Projet et réalisée en partenariat avec la CONFEMEN.

L’objectif de cette évaluation consiste à vérifier si les manuels homologués dans le pays ont été conçus de manière à tenir compte des standards identifiés par la recherche et des attentes des systèmes éducatifs des pays participants, mais aussi d’éclairer les décideurs politiques sur les insuffisances ou écarts éventuels, les ressources à développer ou à améliorer et sur les processus d’évaluation et de conception des manuels scolaires.

Le discours d’ouverture a été prononcé par le Coordonnateur Régional de l’Education du Bureau de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, Monsieur Hilaire MPUTU, en indiquant que beaucoup d’études montrent à suffisance que les progrès en termes d’accès à l’éducation et à la formation sont considérables en Afrique subsaharienne, notamment grâce aux efforts des États soutenus par les partenaires au développement. Mais que toutefois, cette avancée majeure ne doit pas faire oublier les nombreux défis qui s’érigent encore et qu’il faut relever. Il s’agit notamment de défis liés à l’inclusion, à l’équité et à la qualité de l’éducation.

C’est pourquoi, a-t-il continué, les ressources éducatives constituent à juste titre un domaine d’intervention primordial pour améliorer la qualité des enseignements et des apprentissages. Il faut alors accorder désormais, la priorité à l’accroissement de la disponibilité et la qualité des ressources éducatives, en particulier les manuels scolaires. Malgré l’accroissement des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE), les manuels scolaires demeurent la ressource éducative la plus utilisée par les enseignants et les élèves dans les pays d’Afrique subsaharienne francophone, lorsqu’elles sont disponibles et accessibles.

La rareté et la mauvaise qualité des manuels scolaires nuisent à la qualité des enseignements et des apprentissages dans de nombreux pays. C’est pourquoi des efforts en faveur de la conception, la production, l’achat, la diffusion et l’utilisation des manuels scolaires de qualité doivent être poursuivis par les pays, avec le soutien des partenaires au développement étant donné que l’objectif ultime de cette activité est de soutenir les pays dans une démarche d’amélioration de la qualité des manuels, principaux intrants pédagogiques accessibles aux élèves.

Le Coordonnateur Régional de l’Education du Bureau de l’UNESCO , avant de terminer son allocution, a rappelé que l’atelier de ce jour vise quatre objectifs à savoir : (i) présenter les résultats de l’évaluation au Burundi, (ii) proposer une feuille de route de mise en œuvre des recommandations issues du rapport national d’évaluation, (iii) discuter des propositions de production et de diffusion de ressources éducatives génériques et mutualisables, (iv) promouvoir la Déclaration de Cotonou qui a été présentée aux délégations des 6 pays concernés lors du lancement officiel de l’activité le 11 novembre 2021. Le Coordonnateur Régional de l’Education du Bureau de l’UNESCO a terminé son propos, en réitérant l’engagement sans réserve et la détermination de l’UNESCO à poursuivre et renforcer ses appuis au Gouvernement du Burundi dans son effort de transformation de l’éducation en vue de doter le pays des ressources humaines de qualité, capables de relever le défi de l’émergence et pour atteindre les Objectifs du Développement Durable.

 

Madame FATIMATA BA, en lieu et place du Secrétaire Général de la CONFEMEN, Professeur Abdel Rahamane BABA-MOUSSA, a prononcé son discours en rappelant que la CONFEMEN est la doyenne des Institutions de la francophonie et qu’elle a toujours été une force de proposition dans la perspective de l’amélioration de la qualité de l’éducation. Elle accompagne en plus les Etats et les Gouvernements membres dans la mise en œuvre de l’agenda mondial de l’éducation coordonné par l’UNESCO. Elle a poursuivi en disant qu’à travers sa vision, la CONFEMEN « s’affirme comme une institution politique et stratégique de référence en Francophonie dans le domaine de l’éducation, en offrant aux États et Gouvernements membres des informations et données probantes nécessaires à la prise de décision ainsi que l’appui technique nécessaire pour opérer le changement en vue d’atteindre les cibles de l’ODD4 ».

Madame FATIMATA BA a poursuivi en disant que la CONFEMEN salue la collaboration avec le Burundi ainsi que l’appui multiforme des autorités Burundaises, qui déjà en juillet 2021 avaient accueilli le lancement du projet «Evaluation des manuels scolaires.» Elle rapporte que la CONFEMEN accorde une grande importance aux ressources éducatives, notamment les manuels scolaires surtout dans le contexte africain (Cf. rapport PASEC 2019 rapport 2018 d’OQE). Elle avoue que la restitution du rapport de cette évaluation constitue un point de départ pour la phase 2 de ce projet qui permettra aux pays de mettre en œuvre les recommandations issues de l’évaluation. Il est attendu de l’équipe technique nationale une prise en compte de l’ensemble des recommandations et de définir les stratégies de mise en œuvre conformément à la feuille de route qui leur a été envoyée.

Madame FATIMATA BA a terminé son allocution en informant les participants que la CONFEMEN renouvelle ses remerciements aux autorités du Burundi et à toute l’équipe technique d’experts du Burundi pour les résultats très appréciables. Elle n’a pas oublié de remercier également l’UNESCO pour la fructueuse collaboration et a réitéré son engagement sans faille à poursuivre la mise en œuvre de ce projet avec la phase 2 qui permettra de faire un pas de plus vers la transformation de nos systèmes éducatifs et surtout l’atteinte de l’ODD4.

Dans son mot d’ouverture de l’atelier, le Secrétaire Permanent du Ministère de l’Education Nationale, Professeur BANGIRINAMA Fréderic, en lieu et place du Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, a été , on ne peut plus clair, au sujet du double objectif de l’atelier, en disant que « dans le but de capitaliser les contributions de la CONFEMEN dans sa participation à contribuer à bâtir un système éducatif burundais répondant aux standards internationaux et aux besoins du pays, le Burundi a accepté de participer à l’évaluation de la qualité des manuels scolaires du fondamental, une évaluation qui a porté sur les manuels de FRANÇAIS et de MATHEMATIQUES dans les trois premiers cycles du fondamental et les manuels de FRANÇAIS, MATHEMATIQUES et SCIENCES pour le quatrième cycle du fondamental.»

Il a poursuivi en affirmant que « l’évaluation de la qualité de certains des manuels scolaires utilisés au cycle fondamental, rentre dans la logique de vérifier la pertinence de ces mêmes manuels sur divers aspects à savoir : l’aspect éditorial, la technique et l’ancrage socio-culturel, et les aspects pédagogique et didactique.»

Le Secrétaire Permanent au Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a informé les participants que le BURUNDI vient de valider et d’endosser le Plan Sectoriel de l’Education, un document qui s’inspire largement du Plan National de Développement 2018-2027 et qui prend également compte des agendas régionaux et mondiaux. Il a poursuivi en disant que la mise en œuvre de ce Plan Sectoriel de l’Education (PSE) suppose la prise en compte de tous les intrants nécessaires pour agir efficacement sur l’accès à l’éducation, la qualité et le pilotage des apprentissages dans le but de participer à la mise en œuvre des agendas dont il est question. Pour y arriver, le Secrétaire Permanent a indiqué que le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique s’est donné comme résolution ferme, la mise à profit des initiatives des différents acteurs de l’éducation à travers divers partenariats.

Il a terminé son allocution en attestant que le présent atelier sera donc une occasion propice d’avoir à l’esprit des outputs de cette évaluation sous forme de résultats, qui nous permettront d’avoir une idée globale sur la qualité des manuels et de capitaliser les recommandations émises pour des conceptions pédagogiques futures.

C’est sur une note de remerciements adressés à l’Agence Française de Développement et à l’UNESCO, qui ont bien voulu prendre en charge le Projet Ressources Educatives, qui constitue une innovation dans le système éducatif burundais, que le Secrétaire Permanent au Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a déclaré ouverts les travaux de l’atelier de l’évaluation de la qualité des manuels scolaires à travers le Projet «Ressources Educatives.»

Après chaque présentation, des échanges et des enrichissements ont été fournis par les participants et les principales recommandations retenues sont ci-après répertoriées :

  • Mettre en place une structure régionale de veille de la qualité de l’éducation pour un suivi régulier des Ressources Educatives;
  • Etablir dans chaque pays un bureau de la CONFEMEN qui aurait un encrage au MENRS pour les accompagner dans la mise en œuvre des programmes de l’éducation;
  • Mettre en place la politique du livre et élaborer un document de politique des ressources éducatives dans le pays;
  • Répondre aux appels à manifestation d’intérêt après diagnostic et arriver à la production d’un document qui va au-delà du manuel scolaire notamment les ressources numériques ;
  • Réfléchir sur la pérennisation du projet en demandant une prise en charge par les budgets nationaux ;
  • Adopter une stratégie à mettre en œuvre aboutissant au renforcement de la cohérence pédagogique ;
  • Adopter une politique d’orientation en matière des manuels scolaires et en termes de ressources mutualisables ;
  • Renforcer cette bonne pratique de partage d’expérience et apprendre des pays ayant de meilleures structures, privilégier la coopération sud-sud ;
  • Former les éditeurs locaux et procéder toujours aux renforcements des capacités, créer une direction permanente pour le renforcement des capacités, et que le Burundi se positionne pour choisir le modèle qui lui convient ;
  • Etablir des liens entre les recommandations qui vont être faites et les différentes formes curriculaires ;
  • Œuvrer pour qu’il y ait un apport relatif au développement durable et genre ;
  • Encourager les Directeurs nationaux dans la continuité du projet, chaque pays devra envoyer une candidature, le Burundi devra envoyer un dossier d’appel d’offre au risque de ne pas profiter de cette nouvelle phase, faire tout le nécessaire pour que la demande puisse être formulée ;

Les travaux de l’atelier ont été clôturés par des discours officiels prononcés respectivement par les représentants de l’UNESCO et de la CONFEMEN. A côté de ces allocutions, les travaux de l’atelier ont été sanctionnés par une lecture de la Déclaration de Cotonou par un (e) élève, et, pour terminer avec le discours de clôture prononcé par le Représentant du Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique en la personne de Monsieur Liboire BIGIRIMANA, Directeur National des Cantines Scolaires et Porte-Parole du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique.

Related posts