Deuxième Forum National de dialogue sur le travail décent au Burundi

En date du 28 octobre 2026, l’organisation Don Bosco Tech Africa, en collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, à travers la Direction Générale du Programme Enseignement Technique et Formation Professionnelle, a organisé, à l’Hôtel Tiger’s Apartment de Bujumbura, le deuxième Forum national de dialogue sur le travail décent au Burundi.

Ont pris part à ce forum les hauts cadres et cadres du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, les représentants de la communauté des Salésiens et de Don Bosco Tech Africa, les représentants des institutions publiques issus de différents Ministères, les responsables des établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle, les représentants des organisations professionnelles et du secteur privé, ainsi que ceux des partenaires au développement.

Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général Responsable du Programme Enseignement Technique et Formation Professionnelle, Ir. Avit NSENGIYUMVA, a indiqué que le forum avait pour objectif principal de favoriser une réflexion concertée en vue d’identifier des solutions concrètes aux défis liés à l’insertion professionnelle des jeunes. Il a également souligné la nécessité de renforcer l’adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels du marché du travail, afin d’accroître les possibilités d’employabilité des jeunes, particulièrement des lauréats de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

A cet égard, il a précisé que l’atteinte de cet objectif nécessite de doter les jeunes des compétences, des connaissances et des aptitudes indispensables pour accéder à un emploi décent, développer leurs propres activités génératrices de revenus et contribuer activement au développement de leurs communautés. Il a, par conséquent, exhorté les responsables des établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle à poursuivre leurs efforts en faveur de l’amélioration de la qualité des enseignements, du renforcement des apprentissages pratiques et du développement de partenariats durables avec les entreprises.

Se référant à la Vision nationale « Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 », il a rappelé que l’enseignement technique et la formation professionnelle occupent une position stratégique dans le processus de transformation économique et sociale du pays. En effet, ce sous-secteur constitue un levier essentiel pour former une main-d’œuvre qualifiée, promouvoir l’innovation et l’esprit entrepreneurial, renforcer l’autonomie des jeunes et répondre aux besoins en compétences des différents secteurs de l’économie nationale.

Poursuivant son intervention, le Directeur Général a fait savoir que la formation, à elle seule, ne garantit pas systématiquement l’accès à l’emploi. Les jeunes diplômés se heurtent encore à plusieurs obstacles, notamment les difficultés d’accès à un premier emploi, la rareté des stages professionnels et l’insuffisance d’expériences pratiques correspondant aux exigences des employeurs. Parallèlement, les entreprises expriment des besoins croissants en main-d’œuvre qualifiée, capable de s’adapter aux mutations technologiques et aux exigences de productivité. Face à ces défis, il a invité les participants à promouvoir un dialogue permanent entre les responsables de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, les établissements de formation et le secteur privé, en vue de rapprocher davantage les compétences développées dans les centres de formation de celles effectivement recherchées sur le marché du travail.

Il a ensuite souligné que les échanges prévus dans le cadre du forum devaient permettre d’examiner plusieurs pistes de collaboration, notamment les mécanismes de partenariat entre les établissements de formation et les entreprises, le développement de l’apprentissage en milieu professionnel et des stages, l’adaptation des programmes de formation aux besoins du marché du travail, ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.

Dans cette perspective, il a vivement encouragé les représentants du secteur privé à s’impliquer davantage dans l’identification des besoins en compétences, l’accueil des stagiaires, l’accompagnement des jeunes diplômés et la transmission des savoir-faire professionnels. Il a également exhorté les partenaires au développement ainsi que les autres acteurs concernés à conjuguer leurs efforts pour mettre en place des initiatives concrètes, inclusives et durables en faveur de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, en accordant une attention particulière à ceux qui rencontrent davantage de difficultés d’accès à l’emploi. A ce propos, il a insisté sur le fait que le dialogue ne devrait pas se limiter à de simples échanges de points de vue, mais plutôt devenir un véritable mécanisme permanent de concertation et de coopération entre le système de formation et le monde du travail.

Le Directeur Général s’est dit satisfait que les travaux du forum ont permis de dégager des orientations et des pistes d’action concrètes susceptibles d’améliorer l’adéquation entre la formation et l’emploi, de multiplier les possibilités d’apprentissage en milieu professionnel et de renforcer les perspectives d’insertion socio-professionnelle des jeunes et des lauréats de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Il a, par ailleurs, réaffirmé l’importance d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les établissements de formation, le secteur privé et les partenaires au développement pour bâtir un système d’enseignement technique et de formation professionnelle performant, inclusif et davantage orienté vers les besoins de l’économie burundaise. Il a enfin souligné que la conjugaison des efforts de tous les acteurs concernés permettra non seulement de préparer les jeunes à mieux répondre aux exigences du marché de l’emploi, mais également de les accompagner dans leur transformation en créateurs d’emplois, entrepreneurs et acteurs engagés dans le développement économique et social du Burundi.

Pour clore son intervention, il a adressé ses remerciements à l’organisation, Don Bosco Tech Africa, pour l’initiative et la tenue du forum, ainsi qu’à l’ensemble des participants pour leur disponibilité et leur engagement en faveur de l’avenir professionnel de la jeunesse burundaise.

Les travaux du forum ont été ponctués par des communications présentées par différents experts, en fonction de leurs domaines de compétence et de leurs expériences professionnelles. Ces communications ont été articulées autour de cinq axes thématiques principaux, à savoir : (i) adéquation entre les compétences et les besoins du marché du travail ; (ii) secteurs économiques à fort potentiel de création d’emplois ; (iii) entrepreneuriat des jeunes et promotion de la création d’emplois ; (iv) droits au travail, protection sociale et sécurité au travail ; ainsi que (v) dialogue social, mécanismes de suivi et engagements multisectoriels.

Ces cinq axes ont été approfondis à travers les principales problématiques suivantes :

  • Comment adapter les programmes de formation aux besoins réels du marché du travail burundais ?
  • Quels sont les secteurs économiques susceptibles d’offrir aux jeunes des perspectives d’emploi et d’auto-emploi au Burundi ?
  • Comment accompagner les lauréats de l’enseignement technique et de la formation professionnelle dans le développement de l’auto-emploi et la création d’entreprises viables et génératrices d’emplois ?
  • Quels mécanismes mettre en place pour garantir aux jeunes un travail décent, aussi bien dans le cadre de l’emploi salarié que de l’auto-emploi ?
  • Comment faire du dialogue social un instrument permanent de réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle et de promotion du travail décent ?

A la suite des différentes présentations, les participants ont eu l’occasion de réagir aux communications des experts, de partager leurs expériences et d’apporter des contributions complémentaires aux problématiques soulevées.

Les échanges ont ensuite été approfondis à travers des travaux en groupes, au cours desquels les participants ont confronté leurs points de vue et formulé des propositions en rapport avec les différentes thématiques abordées. Cette approche participative a permis de recueillir des contributions diversifiées et de dégager des pistes de solutions adaptées aux défis de l’insertion professionnelle des jeunes et de la promotion du travail décent au Burundi.

A l’issue des travaux en groupes et de la séance de restitution en plénière, les participants ont formulé quelques recommandations à l’endroit des différentes parties prenantes, en vue de renforcer la synergie d’action et d’améliorer les perspectives d’insertion professionnelle des jeunes. Les principales recommandations formulées sont les suivantes :

  • A l’endroit du Gouvernement : mettre en place un statut juridique spécifique des jeunes diplômés, en vue de faciliter leur accompagnement et leur insertion professionnelle ;
  • A l’endroit du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique : procéder à la restructuration et au renforcement du programme d’entrepreneuriat, afin de mieux préparer les apprenants à l’auto-emploi et à la création des entreprises ;
  • A l’endroit du secteur public et de la société civile : mobiliser des ressources financières destinées au financement et à l’accompagnement des projets initiés par les jeunes ;
  • A l’endroit des investisseurs : développer des mécanismes d’investissement adaptés aux initiatives entrepreneuriales des jeunes et favoriser la valorisation de leurs idées innovantes ;
  • A l’endroit des jeunes : promouvoir un changement de mentalité en faveur de l’esprit entrepreneurial, de l’autonomie financière et de la création d’activités génératrices de revenus.

Ces recommandations traduisent la nécessité d’une mobilisation collective et d’un engagement coordonné de l’ensemble des acteurs concernés pour faire face aux défis de l’emploi des jeunes et promouvoir un environnement favorable au travail décent.

Les travaux ont pris fin par la présentation et la validation de la feuille de route proposée à cet effet.

Dans son mot de clôture, Mr Julien BUTOYI, représentant le Directeur Général Responsable du Programme Enseignement Technique et Formation Professionnelle, a exprimé sa reconnaissance à Don Bosco Tech Africa pour cette initiative louable, qui a offert un cadre privilégié de dialogue, de concertation et de réflexion entre les acteurs de l’enseignement technique et de la formation professionnelle et les représentants du secteur privé.

Il a formulé le vœu que les conclusions et les recommandations issues du forum puissent se traduire en actions concrètes, susceptibles de contribuer à l’amélioration du système de formation professionnelle et au renforcement des perspectives d’avenir des jeunes Burundais.

Il a enfin réitéré l’importance de maintenir et de renforcer cette dynamique de concertation entre les différentes parties prenantes, afin de faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un véritable instrument de promotion de l’emploi décent, de l’entrepreneuriat et du développement socio-économique du Burundi.

 

 

Related posts