Dans le cadre du démarrage du Projet d’Amélioration de la Qualité des Apprentissages au Burundi (PAQABU/ IGA NEZA KIBONDO), le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique en collaboration avec les Agents Partenaires (AFD, UNESCO, UNICEF), a organisé, le mercredi 21/01/2026 au Royale Palace Hotel de Bujumbura, un atelier de lacement et d’appropriation du Projet d’Amélioration de la Qualité des Apprentissages au Burundi.
Cet atelier a vu la participation des hauts cadres et cadres du Ministère tant au niveau central, déconcentré que décentralisé, le Comité Technique de Coordination et de Suivi (CTCS), le Comité de Pilotage (COPIL) ainsi que des Agents Partenaires qui accompagneront le projet.

Dans son allocution, Madame Céline DEMAGNY, Directrice de l’Agence Française de Développement (AFD), un des trois agents partenaires du projet, a précisé que le PAQABU s’inscrit dans la continuité du projet Twige Neza qui a constitué une étape structurante pour le système éducatif burundais. Elle a profité de cette occasion pour saluer les résultats significatifs rendus possibles grâce à l’engagement de l’ensemble des acteurs, particulièrement les services centraux et déconcentrés du Ministère.
Ella a rendu plus net que les résultats atteints dans le cadre du projet Twige Neza ont dépassé les ambitions initiales. La cible qui était fixée étant de former 9 500 enseignants du fondamental au niveau du 3ème cycle (en français et en science), au total 21 978 personnes ont été formées, dont 16 000 enseignants, les encadreurs de proximité ainsi que les inspecteurs et les directeurs communaux et provinciaux.
Poursuivant son propos, la Directrice a fait savoir que le projet PAQABU vient pour prolonger et consolider cette dynamique, en plaçant la qualité des apprentissages au cœur des interventions, dans une logique de cohérence, de durabilité et d’appropriation nationale.
Elle a souligné que les services déconcentrés et décentralisés du Ministère ont un rôle prépondérant car ils sont des acteurs clés de la mise en œuvre concrète du PAQABU. Ils relient les orientations nationales et les réalités des classes et sont les premiers accompagnateurs des enseignants dans l’évolution de leurs pratiques.
La Directrice a clôturé son propos en réaffirmant l’engagement de l’Agence Française de Développement à coopérer avec le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique.

Du côté de l’UNESCO, Hilaire MPUTU, Directeur Régional a.i de l’UNESCO pour l’Afrique centrale à Yaoundé, a fait savoir que la réussite du projet PAQABU sera visible à travers les échanges avec les directeurs d’écoles ainsi que dans la capacité à prendre des décisions éclairées, lesquelles devront se traduire par l’amélioration des performances du système éducatif burundais.
Il a précisé que l’UNESCO accompagnera la mise en œuvre de la rationalisation de la gestion et de l’utilisation des ressources, une composante qui apparaît comme le système nerveux du projet. Cette composante repose sur deux piliers fondamentaux, à savoir (i) la prise de décision fondée sur des preuves ou sur des faits et non sur des intuitions ou des habitudes et (ii) le renforcement de l’efficience et de la redevabilité dans l’utilisation de chaque ressource. Il a enfin affirmé que l’UNESCO travaillera main dans la main avec le Ministère surtout sur des outils et des pratiques qui doivent guider les activités au quotidien dans le cadre du projet. Les points sur lesquels il se focalisera sont entre autres (i) le système d’information pour la gestion de l’éducation, (ii) la plateforme intégrée de la gestion des ressources humaines, (iii) les outils de planification et de budgétisation et (iv) la culture des statistiques, de l’analyse et de l’utilisation des données et des indicateurs pour le pilotage du système.

Dans son propos, Madame Diouf MAME SELBEE, Représentante adjointe de l’UNICEF a montré une série d’interventions que l’UNICEF s’approprie d’habitude et qui s’inscrivent pleinement dans les priorités du Plan Sectoriel de l’Education. C’est notamment (i) soutenir la campagne Back To School (BTS) pour faciliter l’accès et le retour à l’école des enfants les plus vulnérables, (ii) accompagner le développement de la petite enfance afin de permettre aux jeunes enfants de bénéficier d’au moins un an de préscolarisation, (iii) promouvoir l’éducation inclusive pour mieux répondre aux besoins des enfants en situation de handicap, (iv) soutenir l’éducation des enfants réfugiés et rapatriés, (v) ainsi qu’appuyer la mise en œuvre d’innovations pédagogiques visant à améliorer les apprentissages.
Ces actions viennent également en complément des efforts du Gouvernement et de l’ensemble des partenaires du secteur éducatif pour garantir à chaque enfant des conditions d’apprentissage sures, inclusives et propices à la réussite. Dans cette perspective, la Représentante adjointe a informé les participants que le projet PAQABU s’inscrit dans ces actions et a précisé que l’UNICEF se focalisera à la 2ème composante du projet dédiée à l’amélioration de l’environnement d’apprentissage.
Ella a terminé son propos tout en saluant le leadership du gouvernement en général et du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique en particulier pour son partenariat engagé dans l’optique de la réussite du PAQABU.

Dans son discours du lancement officiel, Prof. Frédéric BANGIRINAMA, Secrétaire Permanent chargé des programmes « Administration Générale » et « Enseignement Supérieur et Recherche Scientifique » et Coordinateur du projet PAQABU, a transmis avant tout le message de félicitation de la part du Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique pour la confiance que Son Excellence le Président de la République du Burundi, le Général Major NDAYISHIMIYE Evaliste a placé à tous les hauts cadres et cadres tant au niveau central, déconcentré que décentralisé nouvellement nommés. Il les a rappelés qu’ils sont des pionniers de la politique du nouveau découpage administratif et du nouvel organigramme du Ministère. Qu’ils Soient donc des hommes et des femmes dynamiques et compétents dans leurs activités. Poursuivant son discours, le Secrétaire Permanent et Coordinateur du PAQABU a fait savoir que le projet présentement lancé aurait démarré en Juillet de l’année écoulée (2025), mais que cela n’a pas été possible suite aux raisons indépendantes de la volonté du Ministère. Néanmoins, toutes les composantes du projet sont en activité. C’est pour cela qu’il a exhortétout un chacun d’user de son dynamisme pour rattraper le retard enregistré, surtout que le projet a une durée d’exécution ne dépassant pas 4 ans. Il a ajouté que le projet PAQABU est lancé au moment où un bon nombre de gestionnaires de l’éducation à tous les niveaux sont nouveaux ; raison pour laquelle il est opportun de présenter succinctement le projet afin que chacun s’en approprie et le mette en œuvre avec aisance.
Le Secrétaire Permanent et Coordinateur du PAQABU a rendu compte que ce projet est le fruit d’un processus qui a été démarré en 2023 avec l’élaboration d’un Pacte de partenariat ayant des principales étapes qui ont consisté en (i) l’examen initial et l’analyse contextualisée des facteurs favorables pour identifier les facteurs de blocage et les insuffisances qui impactent la performance du système éducatif ; (ii) une analyse croisée des cadres stratégiques existants et des principaux défis du système éducatif burundais qui a identifié l’amélioration équitable et inclusive de la qualité des apprentissages comme catalyseur pour transformer l’éducation, booster son impact sur le développement socioéconomique du pays ; (iii) la conduite de larges consultations régionales pour le partage et l’enrichissement de la reforme prioritaire définie ; ainsi que (iv) la participation à l’atelier régional organisé par le GPE en Juillet 2023 à Antananarivo.
Dans cette optique, il a précisé que la réforme qui a été choisie par le pays et sur laquelle tous les partenaires se sont entendus, est celle d’une amélioration équitable et inclusive de la qualité des apprentissages ; une activité qui a poussé le GPE à valider le principe d’une allocation en hauteur d’un montant de 68 240 000 USD dédié à la transformation du système éducatif burundais.

Parallèlement aux efforts du GPE, le Gouvernement du Burundi vient d’accorder un budget consistant de 4 200 000 000 FBU pour éradiquer la problématique liée au manque des bancs pupitres. Ce montant a été déployé dans différentes communes pour l’achat de ces derniers et chaque commune a déjà obtenu 100 000 0000 FBU. C’est un effort louable du Gouvernement et montre sa détermination pour améliorer la qualité des apprentissages afin que les enfants burundais jouissent des bonnes conditions d’apprentissage.
Il a signalé que le projet PAQABU nécessite certaines retouches de manière à l’adapter à la réforme en vigueur actuellement. Le PAQABU, qui se veut dynamique, a été conçu dans la logique de l’ancien découpage administratif et de l’ancien organigramme du Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique. Par conséquent, le projet doit se référer à la nouvelle législature en tenant compte du nouvel découpage administratif et du nouvel organigramme du Ministère.
Pour clore, le Secrétaire Permanent et Coordinateur du projet a invité les participants à suivre avec intérêt les présentations pour s’en approprier le contenu du présent projet et contribuer activement dans l’adoption des stratégies afin de faciliter sa mise en œuvre.
Lors des Présentations, les orateurs ont informé les participants que le projet PAQABU/ IGA NEZA KIBONDO s’articule sur trois composante prenant la base dans la réforme prioritaire choisie par le Burundi ; « l’amélioration équitable et inclusive de la qualité des apprentissages ». Ces composantes sont : (i) les enseignants et les pratiques de classe, gérée par l’AFD ; (ii) l’environnement d’apprentissage, gérée par UNICEF ainsi que (iii) la rationalisation de la gestion et de l’utilisation des ressources, gérée par l’UNESCO. Pour chaque composante, les présentateurs ont rendu compte des principales activités, du budget et des cibles y relatifs. De plus, ils ont indiqué les modalités de leur mise en œuvre ainsi que le rôle des services déconcentrés et décentralisés (DPE et CDCE) dans le PAQABU.
Le projet sera financé par le Partenariat Mondial de l’Education (PME) à hauteur d’un montant de 68,24 millions USD et que le régime indemnitaire du PAQABU tient compte des textes en vigueur, qu’ils soient nationaux ou provenant des partenaires impliqués dans le projet.
Les sessions des présentations et des échanges ont permis la formulation des recommandations afférentes aux services déconcentrés et décentralisés, à savoir :
- Identifier les bénévoles sur terrain, selon le canevas préétabli, qui seront encouragés dans le cadre du projet;
- Visiter et contrôler souvent les centres informatiques où des machines ont été distribuées pour se rendre compte de leur état de fonctionnalité ;
- Mettre en place une personne gestionnaire des centres informatiques ;
- Identifier les activités phares des services déconcentrés et décentralisés qui pourront être prise en compte dans le PTBA 2026-2027 ;
- Vanter le projet pour que toutes les parties prenantes du système éducatif sache que le Ministère est à l’œuvre ;
- Gérer bien les acquis que le projet Twige neza a laissés.
Les activités ont été clôturées par un mot de remerciement de la part du Secrétaire Permanent et Coordinateur du projet. Il a précisé que les échanges menés sur les grandes activités alignées dans le projet PAQABU contribueront, sans doute, à l’amélioration de la qualité des apprentissages. De surcroît, la mise en œuvre et la réussite du projet nécessite l’implication de tous, en commençant par les efforts des structures déconcentrés et décentralisés. Il a ajouté que l’objectif global est de voir l’enfant burundais évoluer dans des bonnes conditions d’apprentissage et de voir la jeunesse burundaise acquérir des compétences qui leur permettent de s’épanouir tant au niveau national qu’international.

Signalons que le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, par le biais du Bureau de la Planification et des Statistiques de l’Education, a procédé à la remise des ordinateurs portables aux Chefs des Départements Communaux de l’Education (CDCE).






